la rédaction
Cette semaine, c’est au tour d’un des rédacteurs de vous faire découvrir les coulisses du travail d’écriture. Concernant ApoKryph, le dernier Cantique, je suis en charge, avec Elwin Charpentier, de la partie concernant le judaïsme. Travailler à deux sur un même chapitre est parfois une chose difficile, même si pour nous simplifier la tâche, chacun écrit des parties différentes. Néanmoins, je dirai que le challenge le plus important du travail d’écriture réside dans la cohérence des informations que chaque auteur livre dans ses parties. C’est pour cette raison qu’un texte, une fois écrit, est loin d’être « terminé ». S’en suit une phase assez longue de « navette » entre les autres auteurs, le chef de projet (Sofiène Boumaza) et bien sûr, le relecteur-correcteur en chef (Pascal Broxolle). Ceci nous permet de nous rendre compte des erreurs de cohérence qui sont évidemment de suite corrigées, mais également nous permet une phase de critiques du texte. Il est généralement revu par l’auteur une à deux fois supplémentaires avant de rejoindre notre réserve de textes achevés. A ce stade, ces textes seront de nouveau relus par notre correcteur en chef, qui en dernier lieu s’assurera que nous n’avons laissé passer ni faute, ni incohérence, et si besoin corrigera notre style.
Il est également particulièrement important pour que le livre final soit d’une lecture claire et agréable, que chaque auteur « tende » vers le même style d’écriture… Évidemment, chacun d’entre nous avons une prose bien à nous, néanmoins, la consigne est d’être le plus simple et compréhensible possible. Nous traitons en effet de thématiques historiques et politiques. Notre présentation se doit d’être particulièrement claire. Toute la difficulté étant en même temps de faire passer une « atmosphère » propre au jeu. ApoKryph est d’abord un jeu d’ambiance… L’écriture, le style doit tenter de s’imprégner de cette ambiance.
Au départ, les auteurs ont à leur disposition l’architecture du livre, c’est-à-dire, un sommaire détaillé. Pour le projet d’ApoKryph V.2, nous avons également la précédente version pouvant nous aiguiller quant à l’ambiance générale et le background du jeu. La deuxième version se doit de respecter la cohérence de la première tout en gardant à l’esprit qu’il faut faire « plus ». Le judaïsme n’a pratiquement pas été traité dans la version initiale, c’est pour cette raison que cette partie est une sorte de terre vierge où tout reste à imaginer. Préalablement à l’écriture d’un chapitre, je commence généralement par une phase de défrichage historique. Les renseignements peuvent être puisés aussi bien sur Internet que dans les nombreux ouvrages traitant du judaïsme. Magazines spécialisés, revues universitaires, romans de fiction, tout est bon à prendre pour trouver l’inspiration nécessaire et la base de travail. Après ça, je rédige un premier jet du texte, sans m’appesantir plus que ça sur le style, afin de me concentrer sur l’architecture narrative. Suivra ensuite la construction finale où l’accent sera mis sur le style lui-même. Chaque texte se doit d’être explicatif mais aussi de contenir le plus d’accroches possibles excitant l’imagination du lecteur, futur MJ.
Dans tout travail d’écriture, l’auteur doit penser au plaisir du lecteur. Un auteur de jeu de rôle doit avoir pour objectif de mettre son texte au service du MJ (ou PJ). A terme, les lignes s’effaceront derrière l’histoire que construira le MJ. En somme, les auteurs ne sont que les premiers architectes du texte du jeu, et ce travail n’a que pour objectif de créer de bonnes bases aux futures créations du MJ…