les relations extérieures

Publié le par Sof

    Le Scriptorium est un studio de développement indépendant. Et nous tenons énormément à ce dernier terme qui représente notre liberté créatrice et notre mode de fonctionnement. Notre vocation étant de produire des œuvres ludiques professionnelles, nous avons besoin de partenaires pour couvrir les étapes de la création que nous ne pouvons assurer, à savoir essentiellement la production (l’impression) et la distribution aux boutiques qui vendront le jeu. Comme l’a souligné Gilles Garnier dans BlackBox n°2, les spécificités du marché du jeu de rôle et le contexte actuel peu propice aux aventures commerciales, incitent au développement de nouvelles formes d’édition. Il est en effet paradoxal de voir se multiplier les projets amateurs devenant professionnels à l’heure où la communauté rôliste vit une mutation générationnelle relativement inquiétante pour le futur du média. C’est pourtant le signe que la communauté s’empare progressivement du jeu de rôle et que les acteurs traditionnels de l’édition doivent savoir s’ouvrir pour profiter et favoriser cette évolution. Apokryph premier du nom a suivi la tendance entamée par quelques auteurs, de l’auto-édition à l’édition semi-pro, puis sont arrivés les Pavillon-Noir, Exil ou Amnesya, produits venus du monde amateur et faisant désormais autorité sur le marché.
    Concrètement, le fonctionnement externe du studio se résume à notre relation avec notre éditeur, Ubik, et à la communication, sujet déjà abordé ici et qui, je le répète, est la pierre angulaire de tout projet.

    Le studio Ballon-Taxi a initié le type de partenariat que nous avons suivi comme étant la meilleure solution pour travailler librement en visant le « must ». Alors comment fait-on pour lancer un tel partenariat ? Et bien je dirais que tout est basé sur la confiance et le « professionnalisme » (le terme est pour moi une qualité qui n’est pas liée mécaniquement à un mode d’édition dit « professionnel »).
    Lorsque le concept, l’équipe et le projet dans son ensemble ont une forme définie et estimée vendable, nous avons contacté Gilles Garnier, le patron d’Ubik, pour savoir s’il serait intéressé par le projet. Gilles étant quelqu’un qui fonctionne au coup de cœur (regardez les thèmes bien peu académiques d’Exil, Amnesya et Apokryph !), son « oui » a suffit à déclencher concrètement le développement du jeu. A ce stade la discussion porte essentiellement sur des détails techniques du coût d’impression en fonction de la pagination finale, du type de couverture, d’éventuelles illustrations couleurs, etc. Nous demandons ce que nous souhaiterions et il regarde si c’est envisageable financièrement tout en restant dans un prix de vente raisonnable. Sur le plan financier, le studio touchera un pourcentage du prix vente et se répartira en interne entre les auteurs.
    Aucun contrat n’est signé avant la remise du document final, ce qui implique un gros risque si l’on se place dans une optique d’un milieu de requins dangereux. Heureusement, le jeu de rôle est un bien trop petit milieu pour reprendre les traditions du monde de la « grande » édition… C’est la raison pour laquelle je parlais plus haut de confiance. A notre niveau nous considérons que l’éditeur n’a aucun intérêt à rejeter au dernier moment un projet qui peut lui rapporter de l’argent (en outre, Gilles est pour le coup un vrai passionné de jeu de rôle…). Tout est finalement dans notre besace : à nous de pondre le produit qui ne fera douter personne. Et si Ubik coulait juste avant la sortie ? Et bien nous irions vendre le produit ailleurs, confiants qu’un jeu fini et fort de gros potentiels ne reste jamais dans les placards. Et nous retournons sur nos pieds du concept de studio indépendant.
    Si au départ il n’existe qu’un contrat moral, l’éditeur devant prévoir ses sorties plusieurs mois à l’avance et communiquer aux boutiques, nous jugeons normal de le tenir au courant des différentes étapes du développement, ne serait-ce que pour lui montrer qu’il n’a pas passé un accord sur une chimère ! Ainsi, quelques illustrations par-ci, l’avancement de la maquette par-là… à nous de faire monter son impatience et de lui prouver qu’il a bien choisi. Relation naturelle et très saine dans un milieu où, comme partout, l’argent reste le nerf de la guerre. A ce stade, nos questions à son encontre sont des précisions sur le format, les épreuves tirées par l’imprimeur avant de lancer l’impression, la date de sortie et la communication.
    Ce dernier point reste une sorte d’angle mort dans cette relation externe. Rien ne nous liant avant la finalisation du bouquin, les rôles en matière de pub ne sont pas clairement définis. Nous tenons à travailler au maximum en interne mais certains évènements, comme la date de sortie ou les conventions nécessitent de s’accorder avec l’éditeur. Là encore, à nous de fournir du matériel de promo de qualité et de convaincre l’éditeur qu’il aurais avantage à bien communiquer sur le jeu aux vues de son potentiel.

    En somme, il s’agit là d’une relation très naturelle qui préserve l’indépendance (donc la qualité) créatrice du studio et reste très souple pour l’éditeur qui ne s’engage réellement qu’au dernier moment.
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Publié dans Work in progress

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