Rebondissements dans la mort de l'Imam Kazem

Publié le par Elwin

DETECTIVE X Magazine :

    Nos lecteurs ont sûrement entendu parler des meurtrières émeutes qui ont eu lieu sur l'esplanade des mosquées il y a quelques semaines. Une fois de plus la Terre Promise s'est transformée en cauchemar communautaire à cause des vieilles haines et de la folie de quelques uns.
    Mais en remontant la chaîne des causalités on se rend compte qu'on ne sait toujours rien de l'assassin de l'imam. Tout a été évoqué, ou presque: terroristes, services secrets israéliens ou interventions étrangères auraient pu se trouver derrière cette sombre affaire.
    La police tente de gagner du temps, les politiques font diversion, et le Shin Beth patine mais la vérité... tout le monde l'ignore.

    Tout le monde, sauf DETECTIVE X!

    Nos lecteurs seront les premiers informés de cette incroyable vérité, dénichée au cœur du vieux Jérusalem au prix d'une incroyable investigation. Vous savez déjà combien de scoops incroyables nous vous avons rapporté depuis des années, pour lesquels nous n'hésitons pas à nous mouiller corps et âmes. Rappelez-vous : nous avions ainsi été les premiers à découvrir qu'Elvis Presley, toujours vivant, avait subi une opération chirurgicale pour devenir le ministre de l'agriculture de Bokassa.

    La vérité que nous allons vous dévoiler dans quelques instants est encore plus incroyable.

    Notre reporter spécial, Philippe Lemeur, est allé la chercher au cœur même de la cité des prophètes. C'est dans le quartier arabe qu'il a pu recueillir, après bien des négociations, le témoignage crucial du vieux Samir (nous l'appellerons ainsi pour protéger sa véritable identité).
Samir n'est autre que le domestique et assistant d'un des médecins venus examiner le corps de l'iman Kazem. Il a  pu accompagner son maître lors de l'examen du corps et ce qu'il nous a révélé est terrifiant.
    Bien qu'il ait été annoncé qu'aucune trace de blessure n'ait été trouvé, la vérité est différente. Oui, grâce au témoignage de Samir nous savons qu'il n'y avait pas de traces de coups ou de blessures ouvertes. Mais il y avait bien pire...
    En rentrant dans la pièce où était gardé le corps, le domestique a d'abord senti une odeur particulièrement méphitique, sulfureuse, infâme. Un corps délivre bien des odeurs direz-vous, mais Samir et son maître ont tous deux été choqués d'emblée par celle-ci. Elle était si forte qu'il semblait que la mort remontait à plusieurs jours, alors qu'il n'y avait que quelques heures qui s'étaient écoulées.
    Une telle chose était assurément étrange, mais des années de métier les avaient endurcis bien au delà de ce morbide détail. Ils s'approchèrent donc du corps pour l'examiner.
    Notez qu'ils n'étaient pas les premiers à le faire : d'autres médecins avaient été convoqués pour déterminer les causes de la mort, mais aucun n'y étaient arrivés. Plus encore, ils semblaient avoir arrêté toute investigation médicale avec une rapidité fulgurante, fuyant la maison du défunt.
    Et pour cause : le corps tout entier de l'imam s'était nécrosé à une vitesse incroyable, comme en proie à une sorte de gangrène généralisée.
    Ce spectacle dégoûtant souleva le cœur de Samir, qui s'en fut rendre son déjeuner à l'extérieur.
Il se jura d'abord de revenir pour rien au monde dans la pièce, mais il se souvint de son maître, un éminent docteur syrien dont l'art n'égale que sa passion à servir la communauté des croyants. Il prit donc son courage à deux mains et revint dans la pièce.
    Le médecin avait déjà commencé à déshabiller le haut du corps pour l'examiner, agissant avec moult précautions. Loin de trouver une réponse à ses questions il découvrit un détail encore plus troublant sur l'épaule du religieux.
    Samir mit bien longtemps à nous l'avouer, car cela semblait le terrifier.
   La gangrène, constellation anarchique de tâches vertes, bleues et noires, avait crée une nouvelle géographie du corps, le ballonnant et le tordant selon les affres étranges de sa progression.
    Mais sur l'épaule elle avait pris une forme concrète, troublante de réalisme. Une forme qui semblait être au cœur de la maladie, comme si elle avait irradiée toute cette pestilence sur le pauvre homme. Samir se rappelle très bien avoir reconnu là une main noire, aux cinq doigts parfaitement dessinés, bien écartés comme pour mieux agripper le saint homme.
    Son témoignage s'est arrêté peu de temps après, car l'assistant du docteur était par trop troublé par ce souvenir. Respectant son deuil et son affliction, notre reporter a essayé d'obtenir d'autres informations, en vain ou presque.
    Il semble que le corps de l'imam Kazem ait finalement été emporté par des religieux musulmans, afin de suivre les rites mortuaires musulmans.

    Nos lecteurs attentifs auront toutefois compris de quoi il s'agissait vraiment dans cette affaire. Nous expliquerons ainsi dans notre prochain article quel est le lien entre cette terrible mort et les expériences américaines menées dans le Pacifique, avec l'aide du peuple étrange de Zéti du Réticulon.

Publié dans Inspi

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